23/02/2005
"Singe"
Un jour,maigre et sentant un royal appétit,
Le tigre avait étè méchant;lui fut atroce.
Il avait endossé le droit d'être féroce.
Il se mit à grincer des dents,criant:je suis
Le vainqueur des halliers,le roi sombre des nuits!
Il s'embusqua,brigand des bois,dans les épines;
Il entassa l'horreur,le meurtre,les rapines.
Egorgea les passants,dévasta la forêt,
Fit tout ce qu'avait fait la peau qui le couvrait.
Il vivait dans un autre entouré de carnage.
Chacun,voyant la peau,croyait au personnage.
Il s'écriait,poussant d'affreux rugissements:
Regardez,ma caverne est pleine d'ossements;
Devant moi tout recule et frémit,tout émigre,
Tout tremble,admirez-moi,voyer je suis un tigre!
Les bêtes l'admiraient,et fuyaient à grand pas.
Un belluaire vint,le saisit dans ses bras,
Déchira cette peau comme on déchire un longe,
Mit à nu ce vainqueur,et dit: Tu n'es qu'un singe!!
Victor HUGO,Les Châtiments (1853).
Homme politique engagé pour défendre le peuple,Hugo décrit dans ce poéme Napoléon comme une personne ignoble-ogre-sanguinaire.
Une lecture du poéme nous donne une idée du ton.C'est de l'ironie,de la moquerie,de la plaissanterie.
L.
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17/12/2004
Au rendez-vous allemand
Un homme est mort qui n'avait pour défense
Que ses bras ouverts à la vie
Un homme est mort qui n'avait d'autre route
Que celle où l'on hait les fusils
Un homme est mort qui continue la lutte
Contre la mort contre l'oubli
Car tout c qu'il voulait
Nous le voulions aussi
Nous le voulions aujourd'hui
Que le bonheur soit la lumiére
Au fond des yeux au fond du coeur
Et la justice sur la terre
Il y a des mots qui font vivre
Et ce sont des mots innocents
Le mot chaleur le mot confiance
Amour justice et le mot liberté
Le mot enfant et le mot gentilesse
Et certains noms de fleurs et certains noms de fruits
Le mot courage et le mot découvrir
Et le mot frére et le mot camarade
Et certains noms de pays de villages
Et certains noms de femmes et d'amis
Ajoutons-y Péri
Péri est mort pour ce qui nous fait vivre
Tutoyons-le sa poitrine est trouée
Mais grâce à lui nous nous connaissons mieux
Tutoyons-nous espoir est vivant
Paul ELUARD
Petit commentaire:
Tout d'abord l'effet d'émotion ressentie est enfin un message de Liberté et d'espoir pour tous.
C'est un poéme qui fait un appel au rassemblement,à la lutte contre l'envahisseur.
L'enjeu ici est de mobiliser les français contre les nazis.
Dans ce poéme ,la personne qui parle est P Eluard lui-même.Il dénonce la mort d'un homme sans fondement,ni raison. " un homme est mort qui n'avait pour défense.......jusqu'à l'oubli" V1à V6)
L'auteur utilise le mode indicatif, temps imparfait ,le présent aussi. L'emploi de ces temps verbaux montrent que la lutte doit être pousuivie pour les français.
LAMINE
23:51 Publié dans Mes poémes Préférés | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16/12/2004
Solde
J'ai l'impression d'être ridicule
dans leurs souliers
dans leurs smokings
dans leur plaston
dans leur faux-col
dans leur monocle
dans leur melon
J'ai l'impression d'être ridicule
avec mes orteils qui ne sont pas faits
pour transpirer du matin jusqu'au soir qui déshabille
avec l'emmaillotage qui m'affaiblit les membres
et enlève à mon corps sa beauté de cache-sexe
J'ai l'impression d'être ridicule
avec mon cou en cheminée d'usine
avec ses maux de tête sui cessent
chaque fois que je salue quelqu'un
J'ai l'impression d'être ridicule
dans leurs salons
dans leurs maniéres
dans leurs courbettes
dans leur multiple besoin de singeries
J'ai l'impression d'être ridicule
avec tout ce qu'ils racontent
jusqu'à ce qu'ils vous servent l'aprés-midi
un peu d'eau chaude
et des gâteaux enrhumés
J'ai l'impression d'être ridicule
avec les théories qu'ils assaisonnent
au goût de leurs besoins
de leurs passions
de leurs instincts ouverts la nuit
en forme de paillasson
J'ai l'impression d'être ridicule
parmi eux complice
parmi eux souteneur
parmi eux égorgeur
les mains effroyablement rouges
du sang de leur ci-vi-li-sa-tion.
Léon Gontran Damas,Pigments
Petit commenaire:
Ce qui me plais,c'est que dans ce poéme le concret est évoqué à partir d'une soirée. Ensuite l'abstrait c'est toute la civilisation du colonisateur. La notion d'être et de paraître:derriére une civilisation raffinée,faite d'évènements mondains,de savoir-vivre,se cache en réalité des BARBARES.
On peut noter que l'auteur exprime son trouble,son malaise d'être parmi ceux qui ont exploité son peuple. Il ne veut pas être assimilé aux colonisateurs. En portant ( l'auteur) l'habit, il a l'impression de se glisser dans la peau d'un Blanc.
L'auteur,nous plonge dans l'univers des assassins "légaux" ,les négriers.
LAMINE
21:23 Publié dans Mes poémes Préférés | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Ebène
Ebènes ébènes que d'ébènes
Je suis l'ébène des chicottes et des matraques
Je suis l'ébène tête de turc des têtes d'état
L'ébène des lendemain de fête national-- serrons
La ceinture--retroussons nos manches
L'ébène entassé dans les caves des navires
étouffé sous mille lieues à l'approche de sir wilbreforce.
Solde sur les marchés de la Jamaîque
Je suis l'ébène de la détérioration des termes de l'échange
Nord-sud tiers-monde pvd.
Je suis l'ébène qu'on empoche
Q'on enfile
Qu'on empile
Qu'on emballe
Qu'on déballe
Qu'on offre
Qu'on coffre
Qu'on vend et revend
Je suis le cri de la plaine au lever du soleil
ébène pour cent
ébène de peurs pleurs frayeurs
ébène de sueurs je suis
encore
ébène.
NOËL X. Ebony Ecrivain et journaliste ivorien
Petit commentaire:
Ebène: est une métaphore pour désigner la traite des Noirs. L'auteur dénonce la traite des humains,contraire aux droits de l'homme ( 1789- 1948)
Cette dénonciation couvre une réalité historique et économique:
-réalité historique: " chicotter,matraquer" vers 2
"tête de turcs des têtes d'état" vers 3
Il y en a d'autres.
-réalité économique: " commence triangulaire"
" solde sur les marchés" vers 1
" des termes d'échanges" vers 9.........................
20:47 Publié dans Mes poémes Préférés | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15/12/2004
"L'échafaud"
C'était fini.
Splendide,étincelant,superbe.
Luisant sur la cité comme la faulx sur l'herbe,
Large acier dont le jour faisait une clarté,
Ayant je ne sais quoi dans sa tranquillité
De l'éblouissement du triangle mystique,
Pareil à lueur au fond d'un temple antique,
Le fatal couperet relevé triomphait
Il n'avait rien gardé de ce qu'il avait fait.
Qu'une petite tache imperceptible et rouge.
Le bourreau s'en était retourné dans son palais,
Avec son tombereau terrible dont la roue,
Silencieuse,laisse un sillon dans la boue,
Qui se remplit de sang sitôt qu'elle a passé.
La foule disait: bien!car l'homme est insensé,
Et ceux qui suivent tout,et dont c'est la maniére,
Suivent même ce char et même cette orniére.
J'étais là.Je pensais.
Le couchant empourprait
Le grave Hôtel de ville aux luttes toujours prêt,
Entre Hier qu'il médite et demain dont il rêve.
L'échafaud achevait,resté seul sur la Grève,
La journée, en voyant expirer le soleil.
Le crépuscule vint,aux fantômes pareil.
Et j'étais toujours là,je regardais la hache,
La nuit,la ville immense et la petite tache.
A mesure qu'au fond du firmament obscur
L'obscurité croissait comme un effrayant mur,
L'échafaud,bloc hideux de charpentes funébres,
S'emplissait de noirceur et devenait ténèbres;
Les horloges sonnaient,non,mais le glas
Et toujours,car l'acier,quoique le coutelas
Ne fût plus qu'une forme épouvantable et sombre.
La rougeur de la tache apparaissait dans l'ombre
Un astre,le premier qu'on aperçoit le soir
Pendant que je songeais,montait dans le ciel noir.
Sa lumiére rendait l'échafaud plus difforme.
L'astre se répétait dans le triangle énorme,
Il y jetais ainsi qu'en un lac son reflet,
Lueur mystérieuse et sacrée;il semblait
Que sur la hache horrible,aux meurtres coutumiére,
L'astre laissait tomber sa larme de lumiére.
Son rayon,comme un dard qui heurte et rebondit,
Frappait le fer d'un choc lumineux;on eût dit
Qu'on voyait rejaillir l'étoile la hache.
Comme un charbon tombant qui d'un feu se détache,
Il se récupercutait dans ce miroir d'éffroi,
Sur la justice humaine et sur l'humaine loi
De l'éternité calme auguste éclaboussure.
Est-ce au ciel que ce fer a fait une blessure. Pensai-je?
Sur qui donc frappe l'homme hagard?
Quel est donc ton mystère,ô glaive?
Et mon regard
Errait,ne voyant plus rien qu'à travers un voile,
De la goutte de sang à la goutte d'étoile.
V. HUGO
Petit Commentaire:
Quant on lit tout le poéme,on ne peut pas rester insensé.On est frappé à la fois à l'éxécusion et à la fois de l'attitude des gens qui assistent à cet événement horrible et non qualifiable.
Théme du texte: La peine de mort,évoquée à travers l'échafaud qui représente l'horreur,le côte inhumain.
Rien qu'en lisant le premier ver,on peut se dire que l'éxécution est terminée. Ce ver apparait comme une fatalité.Il rend un retour inréversible,impossibel.La peine de mot est un acte grave qui ne peut être pris à la legére.
Quant à la foule,Hugo la trouve insenée. La foule est trés indifférente.
Le poéme s'achéve la nuit donc aprés l'éxecution.
Ce qui me frappe hormis cette exécution,la peine capital,la peine de mort,c'est que le poéte porte un regard obsessionnel sur l'échafaud au point de le voir la nuit.
LAMINE
21:33 Publié dans Mes poémes Préférés | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


